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Dans l’immobilier, l’ancien prospère et le neuf souffre

Publié le 28 mai 2019

Si le marché de l’immobilier ancien continue de très bien se porter, le secteur du logement neuf est lui atteint de sinistrose. Le nombre des ventes a reculé de 2,5 % au cours du premier trimestre 2019, comparé à la même période de l’année précédente, selon les chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), jeudi 23 mai. Les ventes dites « en bloc », en particulier les commandes de HLM, chutent de 10,3 % pour une cause bien prévisible : les ponctions désormais annuelles de l’Etat sur les finances des organismes HLM entament sérieusement leur capacité à investir.

Plus spectaculaire et préoccupante est la plongée de 37 % du nombre de mises en ventes, c’est-à-dire de programmes proposés, puisque les promoteurs n’en ont plus, bien que les acquéreurs ne manquent pas. L’absence de commandes par les HLM d’immeubles nouveaux, devenus indispensables à la réalisation de tout programme devant, au nom de la loi « solidarité et renouvellement urbain » (SRU), mélanger logement privé et public, pèse. La proximité des élections municipales, en mars 2020, paralyse aussi l’initiative d’élus ne voulant pas déplaire à leur électorat en autorisant des immeubles à pousser dans leur jardin. L’incertitude sur l’avenir des finances des communes n’arrange rien. Dans ce contexte, le nombre de permis de construire délivrés et les mises en chantier sont en recul logique de, respectivement, 8,2 % et 5,2 % sur douze mois, soit 410 700 logements commencés fin mars 2019. Pénurie aidant, leur prix grimpe (2 % en un an).

« Dans un climat anxiogène sur le financement des retraites, les fractures sociales et territoriales, l’immobilier rassure et sécurise »

Cette morosité tranche avec le marché de l’ancien, qui est « au beau fixe sur toute la France », annonce Thierry Delesalle, notaire parisien. « Avec 985 000 ventes en un an, après les 970 000 de 2017 et les 972 000 de 2018, le record est battu, déjouant les pronostics pessimistes », se félicite-t-il. Les conditions exceptionnelles du crédit, avec un taux moyen de 1,37 % sur 227 mois, soit presque dix-neuf ans, le plus bas jamais enregistré, en est la première explication. « Dans un climat anxiogène sur le financement des retraites, les fractures sociales et territoriales, la baisse de compétitivité de l’Europe, l’immobilier rassure et sécurise », argumente Me Delesalle. La hausse des prix ne faiblit pas (3,9 % sur l’ensemble de la France, mais 4,6 % pour les seuls appartements), ce qui témoigne d’une inflation encore vive dans les centres des villes tandis que ceux des maisons progressent de 2,4 %.

 

Source: Le Monde