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L’inquiétante envolée des fausses annonces immobilières !

Publié le 22 octobre 2019

Le mois dernier, au détour d'une conférence de presse, Corinne Jolly, la présidente de PAP, lâche ce chiffre étonnant : le site internet de particulier à particulier bloque plus d'une offre de location sur quatre parce qu'il suspecte une escroquerie. « Le nombre d'arnaques immobilières explose », s'alarme ce jour-là Corinne Jolly.

« Si l'on compte les fausses offres de locations, de ventes et d'achats d'appartements, le phénomène est important confirme le commissaire divisionnaire François-Xavier Masson, chef de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC). On a reçu, l'an dernier, 7000 alertes sur Pharos », la plate-forme de signalement des contenus illicites sur Internet mise en place par la police.

Plus inquiétant : depuis janvier, le site Info Escroqueries (0 805 805 817, appel gratuit) a déjà traité plus de 600 appels liés aux fausses locations. C'est près de 30 % de plus qu'en 2018 ! « Mais comme tout ne remonte pas jusqu'à nous, je pense que le chiffre noir des arnaques immobilières va bien au-delà de ces signalements », assure François-Xavier Masson.

Les locations saisonnières concernées

Comment fonctionnent ces arnaques qui pullulent sur les sites immobiliers ? Première astuce : « Vous répondez à une offre d'un bel appartement loué pas très cher, répond Laetitia Caron, directrice générale de PAP. On vous demande de l'argent pour vous réserver ce bien évidemment fictif. Basique mais efficace car les publics ciblés ont du mal à se loger et ne veulent pas passer à côté d'une bonne affaire. »

« Les escrocs utilisent aussi des annonces miroir, des copiés-collés de vraies offres de location », précise Florian Fonteneau, chef de brigade à l'OCLCTIC. Plus ingénieux encore, « ils piratent la boîte mail des propriétaires, explique Laetitia Caron. À partir de là, les réponses à leur annonce sont redirigées vers la messagerie de l'escroc qui envoie aux locataires un contrat de bail bidon et demande un paiement immédiat. »

L'arnaque à la résidence de vacances fait, elle aussi, de gros dégâts. Le principe? Vous flashez sur une villa avec piscine à louer en Corse ou en Provence pour 2000 ou 3000 euros la semaine. Le pseudo-propriétaire vous propose, prétextant un problème familial ou financier, de régler la location en une seule fois en échange d'un rabais de 25 % avant de disparaître dans la nature une fois payé.

Des transferts via des comptes ouverts en ligne

Pour récupérer l'argent, fini le bon vieux mandat cash. « Les gens se méfient de plus en plus des transferts sur Western Union ou Money Gram, observe Florian Fonteneau, Ils ont été remplacés par des coupons de rechargement ou des comptes bancaires ouverts sous une fausse identité. C'est malheureusement très facile d'ouvrir un compte en ligne dans des banques comme N26 ou Revolut. »

Deuxième catégorie d'arnaque, l'usurpation d'identité grâce à de fausses annonces destinées à récupérer des copies de carte d'identité, de fiche de paie, d'avis d'imposition… Munis de ces documents, les escrocs montent des dossiers de crédits à la conso et empochent l'argent. « C'est le mode opératoire le plus courant », estime François-Xavier Masson.

Pour les victimes, il est quasi impossible de se faire rembourser et pour la police de mettre la main sur les escrocs qui opèrent le plus souvent de l'étranger. « Nous avons arrêté une bande spécialisée, mais sur les 3 millions de préjudice, nous en avons récupéré que 70 000 euros, témoigne Florian Fonteneau, tout le reste avait déjà quitté la France. »

Les sites d'annonces cherchent la parade

Seule solution : la prévention. « Nous utilisons un algorithme qui repère les annonces suspectes en provenance d'Estonie, de Turquie, des Seychelles ou de Russie, affirme Laetitia Caron. En cas de doute, nous demandons systématiquement le titre de propriété. Et quand nous avons identifié un fraudeur, il est automatiquement bloqué à toute nouvelle tentative sur notre site. »

Le site gratuit le plus fréquenté, Leboncoin -800 000 annonces par jour !-, utilise, lui aussi, des algorithmes pour traquer les annonces illicites. « Ils sont très coopératifs car il est dans leur intérêt de nettoyer leur site et de faire la chasse aux empreintes informatiques des annonces frauduleuses », souligne Florian Fonteneau.

Problème : « En face, vous avez des gens qui, depuis des cybercafés en Afrique ou au Maghreb, passent leur temps à tester les systèmes de sécurité et il y a toujours un moment où ça passe », soupire l'officier. Comment ? « Ils masquent par exemple l'adresse IP de leurs ordinateurs. Mais il leur faut des mules, des complices en France, et c'est là que l'on parvient à les interpeller. »

Le Bénin, « pays champion de la fausse annonce »

Parmi les pays à l'origine de ces arnaques en ligne, le Bénin s'est forgé chez les policiers une solide réputation de base arrière. « C'est le pays champion de la fausse annonce », estime même le chef de brigade. Et, pour les gangs basés à Cotonou, le business peut rapporter gros. « Nous avons eu une équipe de Béninois qui s'étaient fait 2 millions d'euros en un an et demi et ce genre d'équipes, il y en a pas mal en France. »

Pour contrer le phénomène, les sites immobiliers multiplient les avertissements : « Ne pas envoyer d'argent quand on ne connaît pas l'interlocuteur, ne pas donner ses coordonnées bancaires etc. », énumère Leboncoin. « Il ne faut jamais, insiste la directrice générale de PAP, envoyer des documents par mail avant la visite, toujours demander à rencontrer une personne physique et pour les locations de vacances, ne verser le solde qu'après l'arrivée sur place. »

Des conseils de prudence pour éviter de se faire piéger par des arnaqueurs qui risquent jusqu'à sept ans de prison s'ils sont condamnés pour escroquerie en bande organisée.

 

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Source: Le Parisien